• 1 semaine en Gaspésie •

une semaine en gaspésie

Après ces douze premiers jours de road trip (programme complet disponible ici), il est temps pour moi de rejoindre la rive sud du fleuve Saint-Laurent, j’ai nommé : La Gaspésie.
Cette région du Québec est aussi grande que la Belgique. Il ne me faut donc pas moins d’une semaine pour visiter les points d’intérêts principaux.

A noter que certaines randonnées et activités en Gaspésie ferment fin septembre : pensez à vous organiser en fonction !

Jour 1

Il faut savoir que pour traverser le Saint-Laurent depuis Tadoussac ou ses environs, la solution la plus simple est de prendre un traversier (à réserver à l’avance bien sûr) dont les départs se font de 3 endroits :

  • Les Escoumins (à 30 minutes de Tadoussac) rejoint Les Trois Pistoles en 1h30 (50$ la voiture et 22$/passager) avec la compagnie Traversier CNB ;
  • Saint-Simeon (à 1h au sud de Tadoussac) rejoint la Rivière du Loup en 1h (48$ pour la voiture et 20$/passager) avec la compagnie Traverse RDL ;
  • Forestville (à 1h au nord de Tadoussac) rejoint Rimouski en 1h (50$ la voiture et 26$/passager) avec la compagnie CNM Evolution.

Comme vous l’aurez compris, les offres sont assez équivalentes.
Me concernant, ma réservation a été annulée la veille au soir pour cause de mauvaises conditions météorologiques
Ne sachant pas trop comment aborder la situation au matin, je décide de me présenter quand même à l’embarcadère… et là surprise ! Il y a tout un tas de camions et voitures qui font la queue. Je me dis « jackpot, les traversées ont finalement lieu ?! » Que nenni : après presque 1h à attendre dans la voiture, nous sommes priés de partir car il n’y aura pas de départ aujourd’hui et rien n’est assuré pour le lendemain.
Ne pouvant pas me permettre de rester à Tadoussac plus longtemps car certaines des activités que je voulais faire en Gaspésie fermaient dans quelques jours, je n’ai pas d’autres choix que de rejoindre Sainte-Anne-des-Monts en empruntant le pont de Québec.
Je vous passe les détails de cette longue journée de plus de 9h de routeHeureusement que l’essence coûte moins d’1€ ici !

Jour 2

Après m’être effondrée la veille au soir dans mon lit de l’auberge de jeunesse Sea Shack, je prends la direction du Parc National de la Gaspésie.
J’avais lu que s’il y avait bien une randonnée où l’on pouvait voir des orignaux, c’était bien durant celle du Mont Ernest Laforce (tôt le matin ou au crépuscule).
Je mets donc les gaz pour arriver dans les premières, mais ô déception, il y a déjà plusieurs bus sur le parking… Je ne me décourage pas et avance d’un pas rapide car cette randonnée est plutôt facile. A mi-chemin, je croise plusieurs groupes qui me disent avoir vu les orignaux à l’arrivée. Je marche comme je n’ai jamais marché dans ma vie, prête à voir une de ces énorme bestioles… Et rien, juste des gens qui parlent tellement fort que même moi j’ai envie de fuir !
Ceci dit, le paysage au sommet est très beau et la brume qui commence à s’installer ne fait qu’ajouter du charme au lieu.

Après une telle course, je décide de ralentir le rythme et de prendre le temps sur le reste de la journée. Je fais 2 petites et très faciles marches :
Lac Aux Américains (2,6km, 1h) : comme son nom l’indique, l’intérêt principal de cette rando est le lac, niché au creux des montagnes qui l’entourent. J’ai juste eu le temps de le voir quelques secondes avant que la brume ne recouvre tout !
La chute Sainte-Anne (1,7km, 30min) à laquelle on accède en deux temps trois mouvements. Elle n’en est pas moins impressionnante.

Entre deux, je profite de la grande salle repas chauffée du centre de découverte proche du gîte du Mont Albert (attention, il y a 2 centres de découvertes dans ce parc) pour faire une grosse pause pique-nique.
Le temps de faire tout cela, le soleil commence déjà à décliner, 2 options : rentrer à l’auberge ou retenter la rando du Mont Ernest Laforce pour essayer de voir les orignaux. Vous commencez à me connaître, j’ai opté pour la deuxième !
Mon acharnement aura payé. Alors que je marchais à petits pas à fouiller des yeux la végétation qui m’entourait, je me retrouve finalement nez à nez avec un orignal qui mange tranquillement au milieu du chemin ! Il m’aura fallu quelques minutes pour oser m’approcher un peu, car sa taille imposante est intimidante : on dirait un cheval préhistorique ! Alors que je l’observe depuis quelques minutes, un petit orignal se lève et rejoint sa mère, c’est fou d’assister à cette scène !

Jour 3

Ravie de ma rencontre de la veille, je décide de réitérer l’expérience avec la randonnée du Mont Jacques Cartier qui est connue pour l’observation des caribous.
Attention, cette rando est ouverte de fin juin à fin septembre de 10h à 16h et il est obligatoire de prendre une navette (7,5$) afin de relier le centre de découverte du Mont Jacques Cartier (il y en a 2!) et le début du sentier.
On m’avait conseillée de prendre la première navette pour optimiser mes chances de voir ces petites bestioles. C’est donc chose faite : me voici la première à grimper ce chemin qui n’en finit plus de monter ! Il ne faut pas oublier de se retourner de temps en temps pour observer le paysage qui se dégage.

Je croise enfin des panneaux expliquant comment repérer des caribous, comment se comporter… Je me dis « ça y est, j’y suis ! » Mais les kilomètres défilent et j’ai beau tourner la tête dans tous les sens, me prendre pour superwoman et sa vision supersonique, je ne vois rien derrière les rochers !
Malheureusement, j’arrive au sommet et je n’ai pas vu d’animaux. Il fait un froid de canard à 1270m d’altitude et le vent qui souffle fort a vite ramené la brume. Heureusement, il y a une tour d’observation pour prendre son pique-nique à l’abri.
Je me dis qu’il y a encore une chance sur le chemin du retour, mais la brume ne me fera pas de cadeau !
Je suis un peu déçue d’avoir eu mauvais temps lors de mes 2 jours de visites dans ce parc, mais il est déjà temps pour moi de rejoindre ma voiture pour conduire jusqu’à mon prochain spot.

Pour le Parc National de la Gaspésie, je conseille aussi les randos du Mont Albert et du Mont Xalibu si vous avez beau temps (ce qui n’a pas été mon cas!).

Jour 4

Le parc national de Bonaventure est très connu pour sa rivière à l’eau cristalline.
Les températures ne cessent de chuter : l’option baignade pour découvrir la rivière est inenvisageable !
Je me rabats donc sur l’option kayak (en espérant ne pas tomber à l’eau!). Pour cela, je me rends à Cimeaventures qui loue des kayaks de début juin à fin septembre pour 59$ la journée. Je choisis de faire le parcours « La populaire » avec des personnes rencontrées la veille à l’auberge.
Equipés de notre combinaison, on nous mène au départ de notre parcours de 20 kilomètres.
Pour résumer, je dirais que ce parcours est plus difficile que celui que j’ai pu faire au Parc National du Mont Tremblant (dont je parle ici). Plus physique, les rapides sont plus difficiles, il n’y a pas assez d’eau sur certaines portions… Mais ça n’en reste pas moins très agréable de voguer sur cette eau incroyablement transparente.
Les bras en compote, je retourne à l’auberge où j’ai déjà dormi la veille (Chambre d’Ami), que je conseille pour sa localisation, mais pas plus…

Jour 5

Je continue mon petit tour de la Gaspésie. Prochain arrêt : Percé.
Un des deux principaux points d’intérêt ici est justement le rocher de Percé. On peut tout d’abord l’observer de la route (meilleurs points de vue si l’on vient de Bonaventure que de Gaspé). Perdu au milieu de cette grande étendue d’eau, on ne voit que lui. Il me rappelle la Fenêtre d’Azur qui trônait à Gozo (à Malte) et qui s’est malheureusement effondré en 2017.

rocher percé

Il est aussi possible d’approcher le rocher de plus près en prenant un bateau pour rejoindre l’île inhabitée Bonaventure (qui est aussi un parc national).

C’est ce que je m’apprête à faire en cette fin de matinée, mais surprise, le bateau vient de partir et le prochain n’est que dans 2h… Décidément, visiter la Gaspésie en cette période n’est pas chose évidente !
Pour votre information, quelque soit la saison, le billet coute 27€. Par contre, les départs se font toutes les 30 minutes de 9h00 à 17h00 du 1er juillet au 15 septembre; seulement 1 a 4 traversée(s) en mai, juin et de mi-septembre à octobre.
Je décide de passer le temps en allant manger la spécialité du coin : le homard. Je me rends au « Resto du village » qui m’a été conseillée par la dame du bateau. Expérience peu concluante : homard que l’on pourrait prendre pour du surimi et servi en sandwich dans du pain de mie… Bof.
J’embarque finalement sur le bateau et je suis agréablement surprise car on fait le tour du rocher afin de le voir sous toutes ses coutures. Nous longeons un bon moment l’île de Bonaventure d’où on peut déjà voir les Fous de Bassans par centaines et quelques phoques dans l’eau !
Arrivés sur l’île, on nous donne quelques consignes, notamment que nous n’avons le droit de faire que la rando «Les Colonies » car nous avons peu de temps avant le dernier bateau retour.

ile de bonaventure

Celle-ci n’a rien d’extraordinaire. Je vous conseille plutôt le « Sentier du chemin du Roy » dont j’ai entendu beaucoup de bien. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut se rendre au « Relais des fous » où se trouve le point d’observation où l’on peut approcher au plus près les centaines de Fous de Bassans. Un spectacle à ne pas louper !

De retour à Percé, je me rends pour la première fois dans un hôtel (Les Vagues Vertes) car une fois de plus, en cette saison, peu d’établissements sont encore ouverts.

Jour 6

Je ne reste pas plus longtemps à Percé et je prends la route pour le Parc National de Forillon.
A noter que seulement une partie du parc est payante et nécessite un ticket (à moins d’avoir le pass Parc Canada, plus d’explications ici).
S’en suit une ribambelle de randonnées :
Rando La Taiga (gratuit, 3km A/R, 1h, très facile) : petite promenade de santé dans un environnement étonnant de par sa diversité. Je ne croise personne : il n’y a que moi et la nature!

Rando La Chute (gratuit, boucle de 1km, 45min, facile) : encore une marche qui demande peu d’efforts mais qui pourtant vaut le détour. La belle cascade à seulement quelques minutes à pied me fait beaucoup penser à celles de Waber en Mauricie (dont je parle ici)… à la seule différence qu’il m’aura fallu ramer et marcher des kilomètres pour l’atteindre. Comme quoi, ce n’est pas la difficulté d’accès qui fait la beauté des lieux!

Rando Mont Saint-Alban au départ de Cap-Bon-Ami (payant, 7,8km en boucle, 3h30, intermédiaire) : là, on est sur un coup de cœur. Cette rando fait partie de mon Top 5 des randos à faire au Quebec. Le départ peut aussi se faire de la plage du Petit Gaspé, mais je vous conseille largement de Cap-Bon-Ami car la vue y est magnifique et la rando sera un peu plus facile. Une fois le premier kilomètre passé, j’ai adoré cette randonnée : elle donne accès à de superbes points de vues sur les falaises de Forillon. Sur le chemin se trouve une tour d’observation, en haut de laquelle vous pourrez monter (et mettre votre vertige à rude épreuve) pour avoir accès à une vue à couper le souffle à 360° entre terre et mer !

• Début de soirée, direction le parking «Le Castor» pour participer à l’observation des castors organisée par le centre de découverte du parc (gratuit). Animée par les gardes forestiers, cette activité est une bonne façon de découvrir le parc autrement. Au travers de leurs expériences, j’apprends beaucoup de choses. J’ai pu voir mon premier castor dans son habitat naturel !

castor

Il fait maintenant nuit, je rejoins l’auberge de jeunesse Griffon Aventure pour 3 nuits. Je la conseille pour l’ambiance et aussi l’originalité des lieux : les dortoirs, chambres privées et sanitaires sont répartis en plusieurs cabanes en bois (il faut prendre son courage à deux mains quand il fait froid pour passer du dortoir à la cuisine, par exemple!).

Jour 7

C’est déjà mon dernier jour en Gaspésie… Le Parc Forillon m’a beaucoup plu hier et je veux en découvrir plus ! Pour cela, je me lance sur la randonnée la Grande Grave (15,2km A/R, 5h, niveau facile).

randonnée la Grande Grave

Une première partie de la rando longe la côte alors que l’on se perd un peu plus dans les champs dans la deuxième. Je me surprends encore à trouver de nouveaux paysages après 20 jours de visites (programme complet ici).
Finalement, j’arrive à un joli phare où il est agréable de profiter de la vue en pique-niquant.

Je pensais qu’il s’agissait de la fin de la rando, mais non : il y a un petit chemin qui permet de descendre un peu la falaise et atteindre le fameux « bout du monde ». La mer à perte de vue et la falaise qui se dresse dans mon dos : de quoi se sentir tout petit !
En remontant au phare, je remarque qu’un groupe de personnes regardent dans les arbres. Je m’approche et il y a en fait une maman porc-épic et son petit, nichés entres deux branches. Ils ont l’air étonnement tout doux !
Il est temps de revenir sur mes pas, accompagnée par les petits écureuils qui sont partout dans les arbres.

C’est ainsi que s’achève cette semaine. La Gaspésie était la région où j’ai croisé le plus d’animaux typiques du Canada !
Pour la suite de mes aventures dans le Bas-Saint-Laurent, cliquez ici !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En cochant cette case, j’accepte la Politique de confidentialité de ce site.